l'Ouest Lointain de la Chine

Septembre 2008

Voyage de détente

Comme vous savez, je suis en ce moment (automne 2008) à Yungang près de Beijing (avez-vous lu "l'automne à Pékin" ?). J'ai eu une semaine de vacances. Je suis resté en Chine. C'était l'occasion de visiter une petite partie de cet immense pays. Depuis longtemps j'avais envie de m'approcher de l'Asie Centrale, et depuis Beijing on est à seulement à 2000 km de la Province du Xinjiang, que les indépendantistes appellent le Turkestan Oriental. Comme je n'ai pas appris à parler le Mandarin, et que j'étais plutôt dubitatif sur mes capacités à trouver seul un horaire de train ou attraper l'autobus pour la bonne destination, j'ai cherché à me faire accompagner. Un(e) guide-interprète privé(e) constitue une formule de luxe bien agréable pour voyager quand on est loin des grandes villes de l'Est ou des sites les plus touristiques. J'ai trouvé une perle en la personne de Wang Jin Ping. Elle a assuré les achats de billets, les négociations avec les chauffeurs de taxi, s'est renseignée sur les sites à visiter et a négocié les prix de nos chambres dans les hôtels. Si vous voulez voyager avec cette formule en Chine, je peux vous mettre en relation. Une semaine est évidemment un temps beaucoup trop court, et a sélection des sites à visiter a été pour moi un choix cornélien.  Carte de la Chine
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Dunhuang    

nous avons pris l'avion entre Beijing et Dunhuang. Cette grande oasis dans le désert était une étape importante du temps des caravanes de la Route de la Soie. Elle a été un centre important du Bouddhisme et on trouve aux alentours des sites intéressants comme les Grottes de Mogao et beaucoup  d'autres moins fréquentés par les touristes. Aujourd'hui l'agriculture et sans doute aussi le tourisme assurent à la ville un niveau de richesse élevé pour la Chine.  Les dunes qui se trouvent à la limite sud de la ville constituent une des attractions, tout spécialement avec la présence des petits lacs dans le sable (voir les images panoramiques ci-dessous).        
Vous trouverez des photos et toutes les indications que vous voulez sur l'Internet. lien vers Wikipedia
Dunhuang : Grottes de Mogao Dunhuang : Grottes de Mogao Dunhuang : le Lac Croissant de Lune Lézard (agamidé) en haut de la dune Dunhuang : Le Stupa du Cheval Blanc
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Le Lac Croissant de Lune et un autre lac vus depuis le sommet des dunes
Le Lac Croissant de Lune et un autre lac vus depuis le sommet des dunes
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Les dunes situées juste au sud de la ville
Les dunes situées juste au sud de la ville
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Turpan  

Après deux nuits à Dunhuang nous avons pris un train de nuit avec couchettes pour rejoindre Turpan (on écrit aussi Tourfan ou Tulufan). Turpan est la grande ville située au nord de la dépression de Turpan, dont le point le plus bas est à 150 m sous le niveau de la mer (mais la mer la plus proche est à 2000 km). Bien que la pluviométrie soit très faible, il y pousse toutes sortes de fruits et de légumes. Les raisins de Turpan sont réputés, et une grande partie est commercialisée sous forme séchée. Comme c'était l'époque des vendanges, nous avons mangé beaucoup de ces excellents raisins et acheté quelques variétés de raisins secs. Les cultures sont possibles grâce a d'anciens systèmes d'irrigation qui vont chercher l'eau dans les nappes aquifères au pied des montagnes, et amènent cette eau dans les zones plus basses. Ces systèmes d'irrigation sont appelés au Xinjiang des karez (on les appelle en Iran des Qanats). Je suis stupéfait par la science qu'il a fallu pour construire ces karez : hydrologie, géologie, terrassement, construction... sans parler du travail immense avant que l'eau n'arrive où on la désire.  
Les habitants sont en majorité Ouïghours, bien que les Chinois Han soient devenus les plus nombreux en ville. Les panneaux officiels et la plupart des enseignes sont bilingues : Mandarin et Ouïghour. Je qualifierais volontiers l'ambiance d'Orientale, mais on est ici à l'Occident de la Chine.
Même en ce mois de Ramadan on peut déjeuner sous les treilles de raisin, au-dessus d'un canal d'irrigation : quel grand restaurant peut offrir un tel plaisir ? Ensuite on peut commencer la visite des sites classiques. Depuis des millénaires les habitants de cette région maîtrisent la construction en torchis. Les maisons, cimetières, mosquées et autres ouvrages s'intègrent avec bonheur dans le paysage ocre. Les ruines des villes de Qotcho et de Jiahoe témoignent de ce savoir-faire ancien. Les séchoirs à raisin et les villages Ouïgours sont aussi de la même couleur, tout comme le Minaret d'Emin. Si les grottes de Bezeklik sont un peu décevantes (pillées par des Européens), le paysage traversé pour y accéder vaut le coup d'œil. Enfin les Monts Flamboyants, d'une aridité extrême, m'ont donné envie de les visiter, mais ce sera pour une autre fois.      
Vous trouverez des photos et toutes les indications que vous voulez sur l'Internet. lien vers Wikipedia
Turpan : restaurant sous les vignes Turpan : la Vallée des Raisins Turpan : au pied des Monts Flamboyants Turpan : site des grottes de Bezklik
Turpan : Minaret d'Emin Turpan : Village Ouïghour Turpan : Ville ancienne de Qotcho Turpan : Ville ancienne de Jiahoe
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Les Monts Flamboyants vus depuis la Dépression de Turpan
Les Montagnes de Feu vues depuis la Dépression de Turpan
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Les ruines de la ville ancienne de Jiahoe
Les ruines de la ville ancienne de Jiahoe
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Village Ouïghour près de Turpan
Village Ouïghour près de Turpan
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Urumqi     

De Turpan nous avons pris le bus au petit matin pour Urumqi (parfois orthographié Wūlǔmùqí). Mon livre dit que cette grande capitale de province est sans grand intérêt. Je ne suis pas d'accord. La diversité de la population est intéressante. De plus c'est le Ramadan et je suis tombé sur la Prière du Vendredi à midi en pleine ville. La vie ne s'arrête pas complètement comme au Qatar, et rares sont les fidèles qui jeûnent la journée, mais c'est quand même un spectacle surprenant. Comme il y a une mosquée juste en face de ma chambre d'hôtel, je suis réveillé à 06H22 par l'appel du Muezzin. C'est comme à Doha.
En plus du Mandarin et du Ouïghour, il y a parfois une troisième langue sur les enseignes, écrite en alphabet cyrillique. Je pensais que c'était du Kazakh. Mon copain Marc l'a fait expertiser. C'est du Russe, qui permet sans doute aux populations qui vivent près des frontières de l'ancien Empire Soviétique de communiquer. Ma guide-interprète avait parfois du mal à se faire comprendre en Mandarin dans les restaurants d'Urumqi.
Depuis Urumqi nous avons fait une excursion d'une journée jusqu'au lac Tian Chi (le Lac Céleste), dans le massif du Tian Shan. A part les yourtes des Kazakhs et les visiteurs Chinois, on se croirait dans le Grand Oisans Sauvage.               
Vous trouverez des photos et toutes les indications que vous voulez sur l'Internet. lien vers Wikipedia
Urumqi : la mosquée en face de l'hôtel Urumqi : la grande mosquée et le bazar Urumqi : affiches en trois langues Urumqi : dans une yourte kazakh à Tian Chi Urumqi : yourte kazakh à Tian Chi
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Ensuite ce fut retour en train couchette de nuit entre Urumqi et Dunhuang, puis avion jusqu'à Beijing. Ma guide-interprète m'a avoué qu'elle préférait quand même emmener des touristes à la Cité Interdite, au centre de Beijing, et qu'elle ne comprenait pas pourquoi les Occidentaux ont toujours envie de voyager. J'irai peut-être un jour de l'autre coté des frontières du Xinjiang, vers ces pays d'Asie Centrale qui font rêver les voyageurs.


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